Les étangs zens

Pour le 1er avril, loin des poissons, plutôt les lieux d’où ils viennent.

La barque prise dans le gel attend des jours plus chaleureux

le sel de la terre indispensable, à Aigues Mortes

une nacelle comme un tableau sur l’étang de Bagès

un vol de flamands au-dessus de nos inquiétudes

la splendeur des plumes à l’étang d’Ingril

les reflets des flamands insensibles à nos peurs

c’est la vie en rose qui se reflète

notre pensée s’étend du phare du Roucayrol

à celui des Onglous à l’autre bout de l’étang de Thau

les tables des ostréiculteurs nous illuminent de leurs lampions

la barquette sur l’étang qui étincelle

et sa cousine naviguent de conserve

le bleu se conjugue au blanc

la surface intranquille évoque la mer proche( cf « l’intranquillité » de Pessoa!)

la voile transparente comme un voile de mariée

puis le commencement des ombres chinoises

les filets avancent en procession silencieuse

tandis qu’une caravane attend son ermite

les cormorans noirs se hâtent vers l’orangé du couchant…

extrait de « la zénitude »

Texte et photos de Marie-O

Le Grand Confinement nous fait virer de bord

On nous prônait la vitesse, le changement perpétuel, maintenant, total ralentir, ne plus bouger.
Voici quelques photos pour s’évader :

Saga du Midi : strophe 1

Zen, toute la France enroulée sagement :

ou solidaire comme les mailles du filet

ou la tête dans les vapeurs d’alcool du café « cremat »

ou comme les bêtes pas si bêtes : bâbord ou tribord ?

ou tous ensemble, mais où ?

ou anar, on s’en fout, on va où on veut !

strophe 2

du vague vers la précision, reflet ou réalité ?

ou encore :

ou encore :

strophe 3

allez, on largue les amarres, à l’étang ou en mer :

strophe 4

on arrive dans la Mer de Sérénité et on bade :

strophe 5

mais les sentinelles veillent :

piqûre de rappel :

Machado nous rappelle notre destin

alors, élevons nos pensées

à la bonne votre, nous dit Salvador (nom prédestiné!) le charpentier

et rentrons tranquilous à la maison !

Photos et texte de Marie-O

le Loud à Bonança

Une convention a été signée entre nous « Voile Latine de Sète » et l’Association « le Loud », bateau d’origine tunisienne basé en ce moment à Bonança.
Il sera restauré au Chantier de la Plagette.
Nous sommes allés essayer de le désenvaser du bord de l’étang de Barcarès car les eaux sont basses.

Les cousins de Bonança sont venus nombreux prêter main forte.

Ils ont fabriqué un ponton flottant pour aller accrocher une chaîne et des ancres à 100 m mais ça chasse à cause de la vase ( oh les beaux waders tout neufs ! )

Il y a un 4 x 4 pour pousser l’arrière.

Une corde, un cable et des sangles sont nécessaires.

Avec un cric, des rouleaux et 8 personnes de chaque côté, on avance le Loud de 4 à 5 m dans l’eau.

Plus tard, en mai, ils iront planter des piquets dans l’étang pour l’amarrer.

Puis il faudra le remorquer avec une nacelle sur 3 à 4 km jusqu’à Port Barcarès, d’où une grue le tirera à terre…

Grand merci à l’Association Bonança qui avait même prévu la paëlla !

et très loin à Vancouver , Jean-Marc expose ses photos de la Pointe Courte et ses pêcheurs: bravo!

et à Jacques, Robert, Antoine, Lionel.

Photos d’Antoine

Trois jours à la SNAGAT au Bon Accueil

Où ? sur la lune ?non, bitte d’amarrage (en pierre de lave) au Grau d’Agde, à l’embouchure du fleuve Hérault !

Les voiles latines ont bien gagné 3 jours de vacances à l’autre bout de l’étang de Thau, au volcan d’Agde, invitées avec d’autres Assoc, Palavas, Frontignan et Sète à ramer et naviguer, par nos amis rameurs; nous sommes une douzaine, logés et nourris, très chaleureusement et généreusement accueillis par une dizaine d’infatigables bénévoles : grand merci !

Vendredi 8 juin, nous y allons avec 2 pointus par l’étang et la mer, et 3 barques + petites sur carriole : Chrisylvanat, Damienne, Fleur de Ria, Forban et Thetis.

Salah et Roger se régalent :

Beau temps mais mer agitée au sortir de Marseillan !

et l’entrée du Grau, itou, après le fort de Brescou

mais la soupe de champagne des agathois nous ravigote !

et Jacques retrouve Jean-Patrick de la FPMM

Samedi 9 juin, les discussions vont bon train avec Monsieur (89 ans) Venture notamment

Au repas on nous annonce que la forte mer nous empêche d’aller à la belle plage de la Conque, ancien cratère !

Mais chants, rames yeux bandés, apprentissage de la godille, navigation sur l’Hérault et plus tard « baletti » suffisent à notre bonheur !

Michel Rezé ne nous laisse pas faire la sieste !

et le sympathique couple catalan toujours fidèle aux rassemblements.

Nous sortons en mer et René perd sa casquette : exercice de l’homme à la mer, il n’aurait pas résisté car la gaffe porte bien son nom !

Dimanche 10 juin, on attend les sétois pour remplacer un bout de drisse et on répare les camettes qui soutiennent l’antenne

puis on se rend à l’embouchure pour se rassembler et remonter le fleuve jusqu’à Agde, la Marine, pour un dernier repas avant de se disperser.

Aïcha et sa copine peut-être future capitaine de la Marine Marchande,

et Xavier nous régale de seichesChristian nous aide à remorquer les sans moteurs

la cornemuse fuse

????

arrivée affairéeElizabeth a bien barréapéritif offert par la mairie, eh oui !

chant en occitan

et …rassemblement symbolique en musique !

puis on repart par les écluses et le Canal du Midi qui débouche dans l’étang aux Onglous en laissant l’austère cathédrale en basalte.

on monte et on descend dans l’écluse ronde !

on goûte devant les Glénans

on retraverse l’étang, à voile et à moteur, Anne est tous yeux car le jour baisse.

Inke porte sa croix, le croisillon qui soutient le mât que Joël va baisser

et on finit au soleil couchant avec une petite panne de batterie, histoire de ne pas oublier la solidarité !

Un grand merci aux agathois pour ces 3 jours passés dans un autre monde !

Photos de Roger, René et Marie-O

Du Chantier de l’Enfer, Anne est ressortie charpentière

novembre 2017 : elle a bien voulu nous faire part de son année

Retour aux sources !
à Sète au chantier de la Plagette


Photo Voile Latine de Sète et du Bassin de Thau

Photo Pierre Cizeau

Après un an de formation en Bretagne aux Ateliers de l’Enfer de Douarnenez, un CAP de charpentier de marine en poche, je retrouve avec plaisir le chemin du chantier de la plagette à Sète.
Finalement, c’est là que tout avait commencé, du temps de Nanou de Santis, quand on venait gratter la coque du bateau de mon grand-père avec mes cousins, j’étais fascinée par le travail du charpentier. Puis côtoyer l’Association des Voiles Latines de Sète et du Bassin de Thau, qui a su préserver ce chantier mythique,  n’a fait que confirmer mon envie de travailler dans ce milieu.

Avant de partir de Sète, la famille m’offre une panoplie de survie : grand parapluie, bottes et bouillotte !
J’ai largement survécu, je me suis carrément régalée, il a fallut avouer aux sudistes incrédules que j’hésitais à redescendre…

Comment résumer une année où se sont concentrés en un même lieu des passionnés de bois, de mer et de vent, de bateaux, de travail, de voyages, de découvertes et même de pêche ? Aucun des bateaux sur lesquels nous sortions n’avait de moteur, toutes les manœuvres pour sortir du port étaient à la voile et tout le monde trouvait ça normal !

Quel régal le jour de la mise à l’eau de naviguer sur les bateaux que nous avons construits en apprenant les techniques de charpente marine traditionnelles bretonnes et… chinoises. Car cette année le programme de formation comptait un Sampan chinois et un Maquereautier de Saint-Malo.

Photo Mélanie Joubert / Le Chasse-Marée

Pose de la préceinte du maquereautierphoto Mélanie Joubert / Le Chasse-Marée

L’intérieur du squelette, la carlingue, étuvée, est mise en forme aux serre-jointsPhoto Pierre Cizeau

Ponçage du pont, les bordés de pont et de haut de coque sont en pin d’Oregon, les bordés de fond en chêne, il reste à poser les quatre clores pour fermer totalement la coque, qui attend dans cette position
de recevoir son lest en fonte de 800kg.Photo Mélanie Joubert / Le Chasse-Marée

Finition de la coque, après calfatage, on bouche les coutures entre les bordés et les trous de vis au mastic de vitrier mélangé à une peinture de protectionPhoto Mélanie Joubert / Le Chasse-Marée

Débit du mât de 9 mètres en pin d’OregonPhoto Mélanie Joubert / Le Chasse-Marée

Le jour de la mise à l’eau fut une belle fête pour tous,
les 22 charpentiers de marine, les 9 voiliers et les 9 selliers
des Ateliers de l’Enfer accueillis chaleureusement
le temps d’une année parmi les douarnenistes.Photo Mélanie Joubert / Le Chasse-Marée

Un grand merci à Mélanie et Jacques du Chasse-Marée, qui nous ont suivit patiemment toute l’année pour consacrer un bel article à notre année de formation dans le numéro 289, encore visible sur internet.

Texte : Anne
Photos : Le Chasse-Marée

Patrimoine maritime italien

Des visiteurs de notre chantier venus aux journées du Patrimoine de septembre 2017 nous envoient des nouvelles de Venise et sa lagune.

Plus précisément de la « Forcola » ou fourche utilisée depuis des siècles par les gondoliers.

devenue une vraie pièce d’art

un article du 14 juillet 1997 atteste de l’intérêt renouvelé

Et puis il y a l’Adriatique sur laquelle ont navigué des voiliers de transport de marchandises, les « Trabbaccoli » et dont un exemplaire « l’Isola d’Oro » navigue encore à voile aurique, 20 m environ, un équipage de 10 personnes, on peut en voir au musée de Cesenatico vers Ravenne.

en pleine charge

e la nave va … quel beau « Trabbaccolo » !

Grand merci à Christian Casse pour ces photos et documents.

Felouques et barques en Corse

Octobre 2017 : été indien à Bonifacio et alentours

non il n’y a pas que des antiquités ! !il y a quelques « felouque ajacciennes » grées ou plus,
mais aussi des barques de pêcheurs en activité

le point haut du taud maintenu avec un bout fixé aux bastaques

le bout dehors avec sa sous barbe et une tête d’oiseau en guise de corne d’abondanceet à Caldarello,et toujours des « pointus » variés et bien utilisés

et la petite « Colette » petit bijou attendrissant !avec des pêcheurs contents de bavarder
avec des voiles latines de Sèteet le petit chantier  dans le « fjord » de Bonifacioici à Caldarelloen partance pour la pêche, tranquille…sans oublier ce dernier coloré à Porto-Pollo
avec le taud pour le soleil On rencontre par hasard dans les rues d’un village aux environs de Corte, Polo qui a fait la maquette de l’Hermionne : on l’a invité à venir nous voir à Escale à Sète et vérifier si l’original grandeur nature est fidèle ! on ne résiste pas au plaisir de partager cette eau si claire !

Photos de Marie-O, René et Joël